Cheminer en mode zéro culpabilité

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Si vous avez atterri sur cette page, c’est sans doute que vous êtes interpellés par un mode de vie écolo. Peut-être que vous aspirez à changer quelques-unes de vos habitudes… Peut-être que vous envisagez de devenir « zéro-déchet ». Peut-être même que vous cheminez depuis un moment déjà, et que vous considérez maintenant troquer vos mouchoirs en papier pour de jolis mouchoirs en tissu.

Quelle que soit la raison pour laquelle vous vous retrouvez ici aujourd’hui, nous sommes unis par le désir de consommer mieux, et moins !

Une démarche inclusive

Aujourd’hui, j’aimerais vous parler de mon histoire zéro déchet, de mon cheminement vers un mode de vie plus minimaliste, plus écolo. Parce que souvent, je trouve que la démarche finit par être exclusive au lieu d’être inclusive. Parce que pour beaucoup, le cheminement vers un mode de vie plus écolo passe par beaucoup de culpabilité. Parce que l’emphase est souvent mise sur ce qui doit être éliminé ou amélioré, plutôt que sur le chemin parcouru. Et que tout ça fait en sorte qu’être écolo, ça divise au lieu de rassembler. Ce qui est complètement contre-instinctif !

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Chaque action compte

Quand je suis devenue un peu écolo (lire plus loin, comment c’est arrivé !) — j’ai lancé un petit blogue pour partager mes idées sur le sujet. Arrivée comme un imposteur dans le milieu, je m’étais sentie vite jugée — et pire encore — je sentais que mes proches avaient peur que je les juge parce que « j’étais tellement plus écolo qu’eux ». OUCH ! 

Au risque de me répéter : chacun sa façon guys — il n’y a pas une formule qui convienne à tous. Chacun son équilibre, chacun ses compromis, chacun les choses sur lesquelles il n’y a AUCUN compromis. Et c’est ben correct comme ça. L’idée, c’est d’être ouvert d’esprit. 

Mais donc, le but de mon (très) humble blogue c’était de rappeler à tous et à chacun que chaque petit geste compte ! Inutile de tout changer — et utopique de penser que l’on peut tout changer du jour au lendemain ! Clairement, c’était une façon pour moi de cheminer, de réfléchir, d’évaluer, de tempérer et d’ajuster. 

zero waste essentials

L’extrême avant l’équilibre

Oui, je suis une fille un peu intense. Timide et introvertie, mais quand je fonce, j’y vais à FOND. Donc le zéro déchet, j’ai pris ça sérieusement, j’y ai mis tout mon cœur — et malgré le fait que je me rappelais jour après jour qu’il fallait y aller MOLO — j’ai un peu perdu le nord dans ma démarche. Il y avait TELLEMENT DE CHOSES À CHANGER POUR Y ARRIVER ! Et je voulais TOUTES les essayer. (presque)

Je suis devenue un chouillâ obsédée ! Les mouchoirs en tissu, c’était acquis. Puis, j’ai adopté les serviettes de table en tissu (trop cool !). Ensuite, les lingettes démaquillantes lavables (là encore, aucun regret). Puis, je suis passée aux serviettes hygiéniques réutilisables… Qui ont évolué vers la cup et les culottes menstruelles. Là encore, ça a tenu. Ensuite, j’ai essayé les shampoings solides, le déo solide… (Échec, après beaucoup d’essais). J’ai aussi essayé les dentifrices solides et naturels (again—échec sur la durée). Cure-oreilles réutilisables. Tellement chouette. Les brosses à dents en bambou (trop cool, mais quand même, pas aussi efficace qu’une brosse à dents électrique !). Les emballages alimentaires en cire (TROP cool conceptuellement, mais my GOD que ça vieillit mal !). Les bocaux en verre pour le vrac (vendu ! J’adore !). La lessive faite-maison (CATA !!!!). Les essuie-tout lavables (semi-adopté — pour certains dégâts c’est génial, mais pour éponger le bacon, franchement je préfère l’essuie-tout en papier recyclé !). Et ainsi de suite…

handkerchiefs

J’ai donc été loin dans la démarche — au point de paniquer quand les enfants revenaient avec des sacs surprises après une fête — ou quand un invité débarquait chez nous avec un sac en plastique ou SACRILÈGE — une barquette de tomates cerises !!!! Mais en fin de compte — j’ai réalisé que même si on a une sensibilité au mode de vie zéro déchet – même si la majorité du temps, on achète en vrac, même si la plupart du temps on fait attention… Personne n’est parfait ! Et si on aspire à l’être, on se prive, on se stresse, on se culpabilise… Ce qui coupe franchement l’envie de faire mieux et de faire plus. Je dois vieillir, mais la conclusion que j’en tire c’est que la modération a bien meilleur goût ! Chacun devrait trouver son équilibre, son degré de confort, ses habitudes à lui, son mode de vie. Et c’est ben correct comme ça.

Finir par le début

Dans mon cas, je suis devenue écolo un peu par hasard ! Sans blague. Vous connaissez peut être l’histoire de TSHU — mais moi, j’ai découvert les mouchoirs en tissu, car le tonton de mon homme nous en a offert pour qu’on reparte de chez lui avec un brin d’histoire. Et puis mon homme, qui avait grandi avec de tels mouchoirs, s’est remis à se moucher dans du tissu. Autour de quelques apéros (ceux qui nous connaissent savent que l’apéro chez les Geissmann, c’est sacré !), on s’est mis à échanger sur cette habitude qui n’était franchement pas du tout en vogue il y a de ça déjà 8 ans. On s’est mis à rêver d’un mouchoir qui ferait « jaser ». Un mouchoir qui remettrait les opinions et les valeurs sur la table. Un mouchoir qu’on voudrait sortir fièrement pour vider son nez — et ses convictions devant tout le monde. Eh oui, c’est comme ça que TSHU est né… Et que mon cheminement vers un mode de vie plus écolo a commencé ! 

martini

Entraînée par notre idée folle, je me suis mise à utiliser les mouchoirs de Tonton Robert — mais pour être honnête, ça me gênait un peu ! À l’époque, j’étudiais en histoire de l’art à l’UQAM — et non seulement j’étais plus âgée que la majorité des étudiants (j’étais alors déjà maman de deux petits bonhommes), mais en plus, je me mouchais dans de grands mouchoirs d’une autre génération. Pour certains, c’est anodin… Mais moi, qui gagne en confiance au fur et à mesure que mes cheveux blanchissent — c’était plutôt intimidant ! 

Mais comme l’idée de faire naître des mouchoirs complètement cool m’avait séduite, je me suis poussée à assumer cette nouvelle habitude — et en un an à peine, j’étais devenue la poster girl du mouchoir en tissu à Montréal. Yeah!

Bref, tout ça pour dire que mon cheminement zéro déchet a commencé par un hasard et que c’est devenu un lifestyle auquel j’adhère complètement. Mais je peux affirmer un truc avec certitude après toutes ces années : il n’y a AUCUNE habitude qui a su traverser les années lorsque le compromis était trop grand. Parce que pour moi, l’équilibre doit être au rendez-vous. Je suis une épicurienne — j’aime les belles et bonnes choses. Quand elles sont bonnes pour la planète aussi, c’est encore mieux. Mais si j’ai l’impression de vivre une vie où je me prive — ou une vie où mes cheveux sont secs et rêches, ou encore une vie où franchement, la satisfaction n’est pas au rendez-vous — eh bien ça ne dure pas.

C’est entre autres pour ça qu’aujourd’hui, je suis tellement fière de confectionner des petits mouchoirs en tissu de super qualité, fabriqués avec amour. C’est pourquoi aujourd’hui, l’un de mes plus grands plaisirs, c’est de conseiller mes clients sur le meilleur choix de mouchoir en fonction de leurs goûts, leurs habitudes, leur budget. Parce que je sais que si le coup de foudre n’est pas au rendez-vous, leurs nouvelles habitudes ne tiendront pas. Et après tout, l’objectif, c’est quand même de consommer moins… Et mieux !

Et vous, c’est quoi votre histoire zéro déchet ? On veut tout savoir !

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Marion Poirier
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